Mon expérience d’enseignement
Les cours que j’ai donnés et les leçons que j’en ai tirées au fil des années.
Quelques années de transmission
J’ai enseigné sous différents formats :
- Des travaux dirigés de « Machine Learning Avancé » en Master.
- Des cours de programmation en langage C à l’université.
- Une semaine intensive de « Deep Learning » au Wagon.
- Un cours de trois jours sur le « Machine Learning en Santé », suivi d’une semaine de projet pratique, à la Lviv Data Science Summer School.
Il m’arrive encore d’intervenir ponctuellement dans des programmes de formation en IA.
L’enseignement est une manière de tester ce que l’on comprend vraiment
Enseigner est un moyen extrêmement efficace de savoir ce qu’on a compris ou pas. Et on s’en rend compte dès que les étudiants commencent à poser des questions.
Car ne pas réussir à expliquer quelque chose clairement, c’est la preuve qu’on ne le maîtrise pas encore.
D’où l’importance, pour tous, d’enseigner.
Pas forcément dans une salle de classe. Mais expliquer son travail à quelqu’un. Écrire un tutoriel. Accompagner un junior. Ou donner une présentation à des non-spécialistes.
Les maths sont le seul domaine dont on est fier d’être nul
En enseignant, j’ai remarqué quelque chose d’étrange : les gens sont fiers d’être mauvais en maths.
On entend rarement ça dans d’autres domaines. Mais, pour les maths, « j’étais nul dès le collège » est souvent dit avec une forme de fierté.
Cela a probablement moins à voir avec les maths elles-mêmes que ce qu’elles représentent, et, par conséquent, la manière dont on les enseigne. Trop souvent, on commence par des concepts abstraits qui paraissent inutiles : dérivées, intégrales, matrices. Les étudiants mémorisent des procédures. Les examens deviennent des tests de mémoire.
Pourrait, il est possible de faire autrement. Beaucoup d’idées peuvent être introduites simplement.
J’utilise souvent les fonctions comme exemple. Au lycée, on commence par les fonctions linéaires — ax + b — puis on perd vite le fil. Même Wikipédia rend le concept intimidant : « une fonction linéaire des nombres réels vers les nombres réels est une fonction dont le graphe (en coordonnées cartésiennes) est une droite non verticale dans le plan. »
Mais il existe une approche beaucoup plus simple. Montrez à quelqu’un un graphique x–y. Mettez l’âge sur l’axe des x, de 20 ans à aujourd’hui. Demandez-lui de tracer son salaire au cours du temps.
Il dessinera quelque chose de non linéaire, rarement monotone, avec des sauts, des plateaux, des retours en arrière — parfois même des discontinuités. Autrement dit : une fonction infiniment plus complexe que celle qu’on enseigne dans le secondaire.