Ma première startup
Ce que j’ai construit chez Qairnel,
ce que j’y ai appris,
et pourquoi je suis parti.
Né de l’intérêt des pharmas pour nos modèles académiques
Vers la fin de ma thèse, des groupes pharmaceutiques se sont fortement intéressés aux modèles de progression que nous développions.
Ils cherchaient de meilleures façons d’analyser les données d’essais cliniques, en particulier pour la maladie d’Alzheimer, où certains essais peuvent coûter plus d’un milliard de dollars.
Beaucoup d’outils statistiques “standards” ont été conçus pour des maladies où les patients guérissent, permettant ainsi de séparer les bras placebo et traité. En revanche, les traitements des maladies neurodégénératives ne permettent pas de guérir. Ils visent seulement à ralentir la progression, ce qui rend leurs effets plus difficiles à détecter.
Ces considérations nous ont mené à des partenariats académiques avec des labos pharma. Mais rester dans la recherche est rapidement appardu comme un frein pour passer à l’échelle.
Mon directeur de thèse et moi avons donc décidé de créer une entreprise juste après ma soutenance de thèse.
J’ai pris le rôle de CTO. Nos premiers contrats ont été signés avec de grands groupes pharmaceutiques aux États-Unis et en Suisse. Entre contrats pharma et subventions internationales, nous avons développé l’entreprise sur fonds propres et avons fait grandir une équipe à une dizaine de personnes.
Docmemo.com : aider les personnes avec des inquiétudes de mémoire
Analyser des données d’essais n’était que la moitié de l’équation. À mesure que l’entreprise prenait de l’ampleur, il est devenu évident que nous devions collecter nos propres données patients. J’ai pris le rôle de CPO pour construire Docmemo.com, un site pour les personnes s’inquiétant pour leur mémoire.
Notre promesse : structurer le parcours médical, orienter vers des professionnels formés, et, quand c’est pertinent, aider à rejoindre des essais cliniques.
Côté patients, cela réduisait l’errance médicale et donnait une parcours de soin plus clair (tests en ligne, accès à des médecins formés, consultations standardisées).
Côté soignants, ils recevaient des patients qualifiés avec un historique médical déjà collecté, avec des outils rendant les consultations à la fois plus rapides et plus informatives. Les no-shows sont tombés à moins d’un par mois.
Côté pharma et centres recruteurs, nous présélectionnions des participants pour des essais Alzheimer en France et aux États-Unis.
Au total, nous avons évalué la mémoire de plus de 45 000 personnes.
J’ai commencé un nouveau chapitre quand Qairnel est devenu assez mûr
En 2025, Qairnel était devenu plus structuré et s’était concentré sur des contrats de screening aux États-Unis. Le travail consistait à acquérir des participants, les filtrer et qualifier, puis leur proposer un essai lorsqu’ils étaient éligibles.
La trajectoire de l’entreprise était claire : scaler ce qui fonctionnait.
Mais ce qui m’attirait le plus n’était pas cette partie. C’était là où le système se grippe : transmissions d’informations, fichiers Excel, appels quotidiennes.
C’est sur ces aspects que je voulais retravailler à plein temps. Alors fin 2025, j’ai quitté Qairnel. L’entreprise continue d’exister et nous restons en contact.
Aujourd’hui, je travaille sur une seconde startup. La santé reste l’endroit où je veux investir mon temps, avec une attention particulière sur la coordination des soins.